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La genèse d’une grande autrice

Naviguant entre le documentaire et la fiction, Renée Blanchar sait aborder la réalité canadienne avec sensibilité. On lui doit la série Belle-Baie qui dépeignait le quotidien d’un village côtier acadien. On lui doit aussi Le silence, documentaire bouleversant qui aborde les abus sexuels commis sur de jeunes hommes par des prêtres au Nouveau-Brunswick. Elle s’attaque maintenant à la vie de l’autrice Gabrielle Roy dont elle documente joliment l’enfance. Plongeon au cœur de cette série qui rappelle la lutte importante des Franco-Canadiens et des femmes du pays.

Pour plancher sur une série biographique comme Le monde de Gabrielle Roy, vous êtes-vous sentie obligée de lire tout ce qu’elle a écrit ?

Je n’ai pas tout lu. Je me garde des choses pour moreover tard. La biographie écrite par François Ricard est devenue une bible. Puis il y a La détresse et l’enchantement et Rue Deschambault. J’ai aussi lu des textes qui n’avaient pas fait l’objet d’une publication. Nadine Bismuth et François Ricard avaient déjà fait un travail quand j’ai été approchée en identifiant une quarantaine de passages essentiels. Je ne partais pas de rien. Gabrielle Roy, c’est huge !


Renée Blanchar

Photo courtoisie

Renée Blanchar

Qu’est-ce qui relève de la réalité et de la fiction dans la série ?

Chaque épisode est basé sur une épiphanie de Gabrielle Roy. La grand-mère toute puissante ou le départ de sa sœur en faith, par exemple. Mais il y a aussi quelque chose de mon enfance (à Caraquet), de mes souvenirs et la notion de vivre dans un milieu minoritaire, de voir remark ça nous construit. Il y avait aussi un désir non pas de faire une transposition, mais d’apporter une dimension, un regard actuel. C’est une proposition visuelle, esthétique et narrative de 1920. En s’y collant, on peut toucher les spectateurs tout en leur faisant réaliser que les choses n’ont pas beaucoup changé. Mélina était une femme de son temps, une féministe. On ne le ressentait pas dans les propos de la Gabrielle de l’époque. Aujourd’hui, ça donne moreover de force et de pertinence aux œuvres et au fait de résister. 

Faire une série historique amène son good deal de défis. Lesquels ont teinté le tournage ?

On a tout eu ! Canicule, sécheresse, covid… Il y avait une volonté de la aspect des producteurs de s’ouvrir à quelque selected d’inédit, de prendre des risques. Nous avions une équipe challenge de Caraquet à Vancouver. Ça a créé quelque selected, permis de découvrir des façons de travailler. Nous avions accès à la maison d’enfance de Gabrielle Roy à Saint-Boniface, mais ne l’avons pas retenue parce qu’elle était dans un quartier résidentiel où les maisons étaient très rapprochées et que les pièces étaient trop petites pour tourner. Nous avons trouvé une maison semblable à Saint-Pierre-Joli, mais filmé les intérieurs en studio. Tourner en extérieur, c’est complexe parce qu’il y a de la air pollution visuelle partout. Gérer les animaux, c’est complexe aussi. Il faisait tellement chaud que l’éleveur des chevaux a demandé à ce qu’ils soient libérés pour les protéger. Alors que nous, les humains, on continuait de travailler !

Pour la distribution, avez-vous opté pour la ressemblance avec les vrais personnages ?

L’élément le in addition délicat était de trouver la jeune Gabrielle. Pour sortir des sentiers battus, nous avons fait un casting ouvert. J’ai plutôt opté pour l’énergie, l’intelligence et la curiosité de Léa-Kim [Lafrance] qui avait quelque selected de Gabrielle Roy dans le regard. C’est aussi une enfant très à l’écoute, ce qui est vital puisqu’elle porte la série. Ensuite, nous avons construit la famille avec des acteurs chevronnés, dont Gaston Lepage et Martine Francke qui ont été d’une générosité incroyable. 

J’imagine que de tourner loin de chez soi crée aussi des liens.

Nous nous sommes tous installés à Winnipeg. À induce de la pandémie, il n’y avait pas d’aller-retour possible, donc ça a fortifié nos liens comme équipe, mais aussi pour les comédiens qui forment la famille. Grâce à la coach Félixe Ross, les enfants étaient toujours prêts, ce qui me laissait du temps pour parler des scènes en français et en anglais avec l’équipe. Ça a permis une vraie rencontre entre les comédiens du Manitoba et ceux du Québec. On débarquait chez eux, j’étais wise à ce qu’ils ne se sentent pas dépossédés. Ça a été un tournage difficile, mais grandiose. Je suis revenue tellement admirative de la communauté franco-manitobaine, de leur force et de leur résilience.

Le monde de Gabrielle Roy, les lundis à 19 h 30 sur ICI Télé

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